Mon iPhone
a disparu. Aucune idée de la façon dont ça s’est passé. Il était dans ma poche,
normalement fermé par une fermeture éclair et, moins d’une heure plus tard, il
n’y était plus et la poche était ouverte. Personne ne m’a approché ni frôlé.
Possible que la poche soit restée ouverte et que le téléphone soit tombé au
moment de monter ou de descendre du pousse-pousse que j’ai emprunté. J’ai
essayé de le localiser sans succès. Il a sonné pendant environ une heure. Et
puis plus rien.
C’est
incroyable de voir à quel point nous sommes devenus dépendants de la
technologie. J’ai commencé à voyager à une époque où l’Internet n’existait pas.
Je suis passé ensuite aux cybercafés avant d’emporter un petit ordinateur portable
et, depuis peu, cet iPhone. J’ai presque envie de retourner au carnet et au
stylo. C’est moins stressant en cas de perte.
La veille,
j’avais été le témoin de la façon dont les forces de l’ordre sont rémunérées.
J’avais été surpris par le nombre de barrages de police ou de gendarmerie le
long des routes les plus fréquentées, que ce soit en novembre dernier, entre
Tana et Majunga, que cette fois-ci, entre Tamatave et Soanierana-Ivongo. Le
prétexte de ces barrages est de vérifier les papiers du véhicule et du conducteur.
Mais je ne comprenais pas pourquoi, en cas d’infraction, le véhicule aurait été
autorisé à franchir le premier barrage avant d’arriver au suivant.
Ça n’a rien
à voir avec la paperasse ni avec l’état du véhicule, pour la plupart des épaves
en mouvement. C’est très discret. J’avais beau écarquiller les yeux, je ne
voyais rien. Cette fois, en revenant sur Tamatave, j’ai vu. Le billet est
discrètement préparé bien avant d’arriver au barrage et très bien dissimulé
dans la main gauche. Aussitôt que le véhicule est immobilisé, le conducteur prend
les papiers situés sur le tableau de bord d’une main et les transferts dans l’autre
main. Le billet est placé dessous et parfaitement invisible. Le tout est passé
par la vitre ouverte. Le policier s’en saisit à deux mains. Il fait semblant de
vérifier les papiers, et le tour de magie s’effectue. C’est du grand art.
Ah !
J’allais oublier. Le bateau qui ne pouvait plus partir à mon arrivée à
Soanierana-Ivongo, pouvait repartir le surlendemain. J’ai attendu. Mais le prix
original d’environ 25 € a subitement augmenté de 50 % au moment de prendre le bateau. Ce
n’était pas une question d’argent. Pour quatre heures de trajet, c’était
raisonnable et j’aurais pu payer. C’est juste le principe. J’ai refusé et j’ai pris
un taxi-brousse pour Tamatave.
