Je suis
arrivé au Port à 14 h et l’embarquement s’est fait à 15 h. J’avais
été prévenu que le poids des bagages était limité à 22 kg. J’ai donc été
surpris de voir la majorité des passagers poussant des caddies de supermarché
surchargés de valises et de sacs. En théorie, c’est effectivement 22 kg,
mais, en pratique, c’est autant que peu en supporter un caddie et un caddie
peut facilement multiplier la théorie par dix.
J’ai été placé dans une cabine
que je partage avec un Malgache de Majunga. Le départ devait s’effectuer à 17 h,
mais nous sommes partis au moment même ou le haut-parleur sonnait l’heure du
diner, soit deux heures plus tard. La nourriture est… mangeable.

J’ai fait
connaissance avec des habitués de ce trajet : beaucoup de métropolitains
installés à Mada qui sont obligés, tous les trois mois, de sortir du territoire
malgache pour ne pas dépasser la durée maximale de leur visa. Ils en profitent
pour venir faire des courses sur le territoire français.
Parmi ces habitués, un
ancien pensionnaire d’une prison malgache. Il avait eu la malencontreuse idée
de dépasser la durée de son séjour de sept ans. Pendant un an, il a donc été
logé gratuitement par l’État, mais il n’était ni nourri ni blanchi.
Heureusement, entre temps, il avait eu la bonne idée de faire quelques enfants
à plusieurs dames de la Grande Île. Cette famille nombreuse et très étendue est
donc venue généreusement à son secours pendant toute la durée de son séjour à
l’ombre. Il connaît bien Montréal, surtout le centre de détention de Parthenay
pour y avoir résidé après avoir porté plusieurs coups de couteau à un dealer
jamaïcain. Libéré sous
caution, il a quitté le territoire canadien avec de faux papiers. On ne
rencontre pas que des retraités en croisière et sans histoires sur les océans.
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