Je vais
finir par croire — à tort — que je me fais mener en bateau. Mais à Madagascar, plus que nul par
ailleurs, le temps est extensible, voire inexistant. Aucune raison de faire
aujourd’hui, ce qu’on peut faire demain, après-demain ou les jours suivants.
Je comptais
rallier Sainte-Marie à Manonpana par pirogue à moteur en quatre heures. Ce
n’est pas vraiment le chemin touristique habituel, c’est toujours incertain et
ce mode de transport comporte des risques, mais ça m’évitait de faire un détour
d’une journée.
Le départ
était prévu mardi, puis a été annulé à la toute dernière minute, et le plan B,
qui consistait à prendre un transport de bois plus lent, mais doté d’une
cabine, est lui aussi tombé… à l’eau. Une autre pirogue était prévue pour le
lendemain… peut-être.
J’ai abandonné
et j’ai décidé de prendre un bateau touristique. Arrivé à Soanierana-Ivongo, je
suis tout de suite tombé sur un 4x4 en partance pour Manonpana. Le chauffeur
m’a fait une place sur le siège avant entre le levier de vitesse et une jeune
Malgache.
Dès qu’on franchit
la rivière, c’est la piste où aucun taxi-brousse ne peut passer. C’est une
succession de bosses et de trous d’eau de près d’un mètre de profondeur tout du
long, entrecoupée parfois de sable et de rivières à franchir à l’aide de bacs.
Il nous a fallu six heures pour effectuer les 42 km.
Les quatre
qui sont passés ce matin-là étaient tous pleins, et il a plu toute la journée. Le
lendemain matin la pluie avait cessé. Nouvelle attente dès huit heures, et de
nouveau cinq 4x4 qui passent et qui sont plus que bondés. En fin de matinée,
j’ai décidé de faire demi-tour et j’ai pris un 4x4 qui redescendait vers le sud
jusqu’à Soanierana que j’avais quitté deux jours plus tôt. Je ne pouvais pas
attendre une journée de plus. Je savais qu’un bateau hebdomadaire partait le
lendemain matin à six heures pour Mananar.

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