Débarcadère

Le
débarquement s’est déroulé dans la cohue habituelle et caractéristique des « pays
en développement ». Les passeports ont été confisqués par la police malgache
avant de quitter le bateau et nous avons été entassés dans le petit bâtiment des
services de l’immigration en attendant que chacun soit appelé pour répondre aux
questions d’usage. Comme je ne reste qu’un mois, le visa a été gratuit.
Nouvelle attente pour récupérer les bagages empilés en tas dans un entrepôt où
les passagers, par groupe de trois à quatre, étaient autorisés à rentrer pour
les récupérer.
Jérôme, un
des passagers rencontrés à bord, m’a proposé de partager le taxi jusqu’à la maison
où il demeure. Jérôme est un gars sympathique et très impliqué dans des
histoires d’amour complexes. Il vivait en métropole jusqu’au moment où il s’est
séparé de sa femme. Il est venu s’installer à La Réunion où il a fait la
connaissance d’une dame malgache. Cette dame possédait un terrain à Tamatave et
Jérôme a décidé d’investir son temps et une partie de son argent à construire
une maison dessus. C’est là où le taxi nous a déposés.

La maison
est presque terminée. L’histoire d’amour de Jérôme également. Lors d’un séjour
à Tamatave, qu’il avait effectué en solitaire, il a rencontré une demoiselle tout
aussi malgache que la dame, mais beaucoup plus jeune. Comme Tamatave n’est pas
très grand et que les rumeurs se déplaçant plus vite que les taxis malgaches,
la dame a été mise au courant de l’existence de la demoiselle. Jérôme se
cherche maintenant un appartement pour poursuivre cette nouvelle histoire
d’amour.
Après avoir
pris un café avec Jérôme, j’ai pris un cyclo-pousse pour aller jusqu’à la
station de taxi-brousse. J’ai attendu un peu plus d’une heure que le véhicule
se remplisse pour partir. Gilles, le dernier passager était après moi le second
Blanc à monter à bord et, curieusement, un des passagers rencontrés à bord du
bateau. Le trajet jusqu’à Foule Pointe, là où Gilles demeure, s’est fait sur
une route en très mauvais état. Elle était en bien meilleure condition ensuite,
mais le taxi-brousse s’arrêtait constamment pour prendre ou débarquer des
passagers. Le trajet prévu pour durer environ trois heures a été multiplié par
deux et c’est en pleine nuit que je suis descendu à l’hôtel L’escale avec un énorme mal de crâne.
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