Friday, July 20, 2012

Débarcadère


Le débarquement s’est déroulé dans la cohue habituelle et caractéristique des « pays en développement ». Les passeports ont été confisqués par la police malgache avant de quitter le bateau et nous avons été entassés dans le petit bâtiment des services de l’immigration en attendant que chacun soit appelé pour répondre aux questions d’usage. Comme je ne reste qu’un mois, le visa a été gratuit. Nouvelle attente pour récupérer les bagages empilés en tas dans un entrepôt où les passagers, par groupe de trois à quatre, étaient autorisés à rentrer pour les récupérer.

Jérôme, un des passagers rencontrés à bord, m’a proposé de partager le taxi jusqu’à la maison où il demeure. Jérôme est un gars sympathique et très impliqué dans des histoires d’amour complexes. Il vivait en métropole jusqu’au moment où il s’est séparé de sa femme. Il est venu s’installer à La Réunion où il a fait la connaissance d’une dame malgache. Cette dame possédait un terrain à Tamatave et Jérôme a décidé d’investir son temps et une partie de son argent à construire une maison dessus. C’est là où le taxi nous a déposés.

La maison est presque terminée. L’histoire d’amour de Jérôme également. Lors d’un séjour à Tamatave, qu’il avait effectué en solitaire, il a rencontré une demoiselle tout aussi malgache que la dame, mais beaucoup plus jeune. Comme Tamatave n’est pas très grand et que les rumeurs se déplaçant plus vite que les taxis malgaches, la dame a été mise au courant de l’existence de la demoiselle. Jérôme se cherche maintenant un appartement pour poursuivre cette nouvelle histoire d’amour.

Après avoir pris un café avec Jérôme, j’ai pris un cyclo-pousse pour aller jusqu’à la station de taxi-brousse. J’ai attendu un peu plus d’une heure que le véhicule se remplisse pour partir. Gilles, le dernier passager était après moi le second Blanc à monter à bord et, curieusement, un des passagers rencontrés à bord du bateau. Le trajet jusqu’à Foule Pointe, là où Gilles demeure, s’est fait sur une route en très mauvais état. Elle était en bien meilleure condition ensuite, mais le taxi-brousse s’arrêtait constamment pour prendre ou débarquer des passagers. Le trajet prévu pour durer environ trois heures a été multiplié par deux et c’est en pleine nuit que je suis descendu à l’hôtel L’escale avec un énorme mal de crâne.

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