Le déménagement d’un Airbnb à l’autre s’est donc effectué le jour du
Réveillon et a consisté à traverser l’île du nord au sud jusqu’à Rivière Noire.

La suite de mon séjour à Maurice s’est déroulée en deux temps, deux journées
et les deux sous une pluie fine en parfaite harmonie avec les lieux visités. La
première journée, celle de Noël fut la suite de ce « mini-pèlerinage » sur les
traces de l’hindouisme mauricien. Impossible d’échapper à cette culture et
cette religion sur l’île. Les temples sont présents partout. L’hindouisme est
la première religion à Maurice avec 52 % des habitants qui s’en revendiquent.
Parmi les descendants d’immigrants indiens de religion hindoue, les Mauriciens
distinguent ceux qui sont originaires d’Inde du Nord, les « Hindous », de ceux
qui viennent du sud, les « Tamouls ». C’est un abus de langage, car les Tamouls
mauriciens sont, eux aussi, hindouistes et ne sont pas tous originaires des
régions tamoules de l’Inde. Les chrétiens sont environ 28 % (26 % de
catholiques + 2 % de protestants), et 16,6 % des habitants sont
musulmans (sunnites).
Selon la tradition orale, l’histoire du pèlerinage débute en 1897,
lorsqu’un prêtre hindou du village de Triolet (visité deux jours plus tôt) fait
un rêve dans lequel il voit les eaux du Gange jaillir du lac, où il ne s’était
jamais rendu. L’histoire se propage rapidement parmi les communautés hindoues
de l’île, et peu après débute le pèlerinage à l’occasion de Maha Shivaratree,
un festival populaire dédié à Shiva.
Depuis, des milliers de croyants effectuent chaque année ce pèlerinage long
et fastidieux. Certains débutent leur périple de l’autre côté de l’île, prenant
parfois une semaine avant d’atteindre leur destination. Ils sont ravitaillés le
long des routes par des volontaires, se reposant et priant aux abords des
temples. Traditionnellement, tout Mauricien de foi hindoue se doit d’effectuer
au moins une fois le pèlerinage durant sa vie.
Grand-Bassin est aujourd’hui entouré de plusieurs temples dédiés aux
divinités, ainsi que d’immenses statues dont la plus grande, représentant
Shiva, fait plus de 30 mètres de haut. Le lac abrite de nombreux poissons et d’énormes
anguilles qui se régalent des offrandes déposées par les pèlerins. Il est
strictement interdit d’y pêcher.
La seconde journée, au lendemain de Noël fut consacré à la Route du thé. Cette
excursion se réalise en trois étapes et plonge le visiteur dans une ambiance
traditionnelle. L’Itinéraire propose la découverte de trois domaines et de
magnifiques jardins.
La route se poursuit à l’usine de thé Bois Chéri où est produit aujourd’hui
plus de la moitié du thé de l’île. Des trois endroits, c’est le seul que je n’avais
pas encore visité. Je n’ai pas visité l’usine et me suis contenté de monter
jusqu’au chalet qui surplombe un lac couvrant un cratère volcanique éteint
depuis longtemps et qui offre une vue panoramique sur tout le sud de l’île.
La troisième et dernière étape s’est fait au Domaine de Saint Aubin qui propose
en un seul lieu plusieurs points de visite : une sucrerie, aujourd’hui
transformée en musée, une serre d’anthuriums et de vanilliers, une distillerie
artisanale, une mini ferme et une belle maison coloniale datant de 1819. La
demeure a été reconvertie en restaurant, tandis que l’étage a été transformé en
musée naval où sont exposées des maquettes historiques.
Le départ de Maurice s’est fait le jour suivant, toujours sous une pluie
fine, une pluie également présente à l’arrivée à La Réunion. Pour terminer ce
voyage, j’ai bénéficié d’un siège en Business class pour un vol trop court
pour véritablement bien en profiter.




















