Friday, December 27, 2019

Rivière Noire - 27 décembre


Le déménagement d’un Airbnb à l’autre s’est donc effectué le jour du Réveillon et a consisté à traverser l’île du nord au sud jusqu’à Rivière Noire.
La suite de mon séjour à Maurice s’est déroulée en deux temps, deux journées et les deux sous une pluie fine en parfaite harmonie avec les lieux visités. La première journée, celle de Noël fut la suite de ce « mini-pèlerinage » sur les traces de l’hindouisme mauricien. Impossible d’échapper à cette culture et cette religion sur l’île. Les temples sont présents partout. L’hindouisme est la première religion à Maurice avec 52 % des habitants qui s’en revendiquent. Parmi les descendants d’immigrants indiens de religion hindoue, les Mauriciens distinguent ceux qui sont originaires d’Inde du Nord, les « Hindous », de ceux qui viennent du sud, les « Tamouls ». C’est un abus de langage, car les Tamouls mauriciens sont, eux aussi, hindouistes et ne sont pas tous originaires des régions tamoules de l’Inde. Les chrétiens sont environ 28 % (26 % de catholiques + 2 % de protestants), et 16,6 % des habitants sont musulmans (sunnites).
Impossible de visiter les lieux les plus sacrés de l’hindouisme mauricien sans passer par Grand-Bassin. Les pèlerins parcourent des centaines de kilomètres à pieds pour rejoindre les rivages de Ganga Talao de son nom hindou. Ce lac sacré, ancien cratère d’un volcan éteint, se trouve dans les montagnes au sud du pays. Le lieu était connu depuis l’époque coloniale française pour sa beauté naturelle et sa tranquillité. Les eaux calmes du lac et la forêt dense qui l’entourent donnent effectivement à l’endroit une sorte d’aura mystique.
Selon la tradition orale, l’histoire du pèlerinage débute en 1897, lorsqu’un prêtre hindou du village de Triolet (visité deux jours plus tôt) fait un rêve dans lequel il voit les eaux du Gange jaillir du lac, où il ne s’était jamais rendu. L’histoire se propage rapidement parmi les communautés hindoues de l’île, et peu après débute le pèlerinage à l’occasion de Maha Shivaratree, un festival populaire dédié à Shiva.
Depuis, des milliers de croyants effectuent chaque année ce pèlerinage long et fastidieux. Certains débutent leur périple de l’autre côté de l’île, prenant parfois une semaine avant d’atteindre leur destination. Ils sont ravitaillés le long des routes par des volontaires, se reposant et priant aux abords des temples. Traditionnellement, tout Mauricien de foi hindoue se doit d’effectuer au moins une fois le pèlerinage durant sa vie.
Grand-Bassin est aujourd’hui entouré de plusieurs temples dédiés aux divinités, ainsi que d’immenses statues dont la plus grande, représentant Shiva, fait plus de 30 mètres de haut. Le lac abrite de nombreux poissons et d’énormes anguilles qui se régalent des offrandes déposées par les pèlerins. Il est strictement interdit d’y pêcher.
La seconde journée, au lendemain de Noël fut consacré à la Route du thé. Cette excursion se réalise en trois étapes et plonge le visiteur dans une ambiance traditionnelle. L’Itinéraire propose la découverte de trois domaines et de magnifiques jardins.
Située sur les hauts plateaux de l’île, la visite commence par le Domaine des Aubineaux, l’une des dernières demeures coloniales typiques construite en 1872, où l’on découvre des meubles datant de la Compagnie des Indes, ainsi qu’une belle collection de photos d’époque illustrant notamment la vie des propriétaires. La pluie s’est momentanément arrêtée lors de ma visite. J’en ai profité pour prendre un dessert sur la varangue.
La route se poursuit à l’usine de thé Bois Chéri où est produit aujourd’hui plus de la moitié du thé de l’île. Des trois endroits, c’est le seul que je n’avais pas encore visité. Je n’ai pas visité l’usine et me suis contenté de monter jusqu’au chalet qui surplombe un lac couvrant un cratère volcanique éteint depuis longtemps et qui offre une vue panoramique sur tout le sud de l’île. 
La troisième et dernière étape s’est fait au Domaine de Saint Aubin qui propose en un seul lieu plusieurs points de visite : une sucrerie, aujourd’hui transformée en musée, une serre d’anthuriums et de vanilliers, une distillerie artisanale, une mini ferme et une belle maison coloniale datant de 1819. La demeure a été reconvertie en restaurant, tandis que l’étage a été transformé en musée naval où sont exposées des maquettes historiques.
Le départ de Maurice s’est fait le jour suivant, toujours sous une pluie fine, une pluie également présente à l’arrivée à La Réunion. Pour terminer ce voyage, j’ai bénéficié d’un siège en Business class pour un vol trop court pour véritablement bien en profiter.

































Tuesday, December 24, 2019

Grand Gaube - 24 décembre


Je n’ai absolument rien fait le lendemain de mon débarquement. C’était dimanche et je n’ai rien fait. Le lieu de location du Airbnb à Grand Gaube se prêtait merveilleusement à une journée de farniente. J’en ai profité.
Le lundi était un autre jour et j’en ai profité pour me balader. J’ai débuté par le petit village tout proche de Cap Malheureux, dont le non se réfère à tous les naufrages qui ont eu lieu sur ses côtes. C’est aussi à cet endroit que les Anglais, en 1810, débarquèrent pour prendre possession définitivement de l’île.  
Mais le symbole de Cap Malheureux, c’est son église au toit rouge devant la baie. Un véritable paysage de carte postale qui en fait l’une des excursions les plus pittoresques. On y bénéficie d’une vue imprenable sur le Coin de Mire, un îlot à quelques kilomètres au nord de l’île principale. Le tout devant une petite plage de sable fin ou des pêcheurs rentrent leurs barques.
J’ai poursuivi en visitant le temple hindou de Triolet. Haut lieu de l’hindouisme mauricien, ce temple est considéré comme le plus beau et le plus important de l’île. Bâti en 1819 en l’honneur de Shiva, Krishna, Vishnu, Muruga, Brama et Ganesh, il rassemble en réalité plusieurs édifices. Sous le dôme et les clochers blancs, on détaille les sucs polychromes, les murs colorés et les statues de divinités animales vénérées par les fidèles. Le temple était désert. J’y étais arrivé depuis à peine cinq minutes qu’un homme s’est présenté. Il se proposait de me faire visiter le temple. J’ai refusé.
Poursuivant cette balade, j’ai traversé le nord de l’île jusqu’à Pointe de Flacq et visité le temple hindou de Sagar Shiv Mandir qui se dresse sur un îlot relié à la terre, face au magnifique hôtel Saint-Géran.
J’ai retraversé le nord de l’île en empruntant une route plus campagnarde pour me diriger vers le Jardin botanique de Pamplemousse, rebaptisé Sir Seewoosagur Ramgoolam Botanic Garden, en mémoire du Père de l’indépendance qui y fut incinéré. Je connaissais ce jardin. J’avais déjà eu l’occasion de le visiter. C’est un des plus beaux jardins botaniques de la planète et le plus ancien de l’hémisphère sud. C’est le gouverneur français Mahé de La Bourdonnais qui choisit cet emplacement pour créer ce domaine. En 1767, Pierre Poivre, intendant des îles de France (Maurice) et de Bourbon (La Réunion) créa ce jardin botanique et y planta légumes, fruits, fleurs et épices provenant du monde entier. Certaines espèces sont incontournables, comme les nénuphars géants d’Amazonie pourvus de larges feuilles pouvant porter cinq kilos.
Au moment où je terminais ma visite, j’ai reçu un appel d’un ami de La Réunion arrivé le matin pour passer les fêtes de fin d’année à Maurice. Nous avions prévu de passer le Réveillon de Noël et la journée du lendemain ensemble. Je l’ai rejoint à Grand Baie, lieu touristique incontournable de l’île, pour dîner ensemble. C’est à la fin du repas qu’il m’a annoncé qu’il avait changé de plan et qu’un ami mauricien l’avait invité pour le Réveillon et le Jour de Noël. Ça tombait bien, ma réservation pour le Airbnb ne pouvait pas être prolongée au-delà du 24. J’en ai donc profité pour faire une autre réservation pour la suite de mon séjour, mais cette fois dans le sud, plus sauvage, et que je préfère nettement au nord.