Thursday, July 26, 2012

Demoiselles malgaches



Le jour même de mon arrivée, Gégé m’a convié à sortir avec lui en soirée à la Casa Nono, une des deux boîtes de l’île, l’autre étant La Polina. Nous sommes arrivés sur place vers 22 h, et plusieurs jeunes demoiselles n’ont pas tardé à venir faire la bise à Gégé et à m'en coller une sans me demander mon avis.

Elles se sont succédé à un rythme étourdissant, à croire que toutes les demoiselles malgaches de l’île s’étaient donné rendez-vous dans cette boîte ce soir-là. Elles se montrent rapidement familières et probablement fatiguées de trop danser et par manque de siège, n’hésitent pas à se servir des genoux masculins pour se reposer.

Ce soir-là, contrairement à son habitude, Gégé est rentré non accompagné. Le lendemain soir, la Casa Nono étant fermée, c’est à La Polina que notre sortie s’est effectuée. Cette fois, Roger et Doudou, deux amis de Gégé qui passent chaque soir prendre l’apéritif, au point que c’en est devenu un rituel, faisaient partie de la virée. Roger, ancien para, est un tout jeune homme de 76 ans comparé à Doudou, son ainé de quatre ans.

Le même défilé de demoiselles que la veille s’est déroulé tout aussi interminablement. Elles semblaient toutes très bien connaître mes compagnons de sortie. Celle qui est venue se coller contre moi ce soir-là était encore plus jolie et plus jeune que celle de la veille. Dans un pays où le salaire moyen tourne autour de 20  par mois, le vazaha (l’étranger) est considéré comme le symbole opulent de l’Occident. Même le plus pauvre a rapidement l’impression de devenir un Don Juan irrésistible. Ce n’est pas la Thaïlande, le tourisme sexuel n’y est pas « organisé », mais il s’effectue ici de façon éphémère et pour arrondir les fins de mois face à une situation économique qui se dégrade constamment.

Ce soir-là, tout comme la veille, Gégé est rentré non accompagné. Après l’annulation de la sortie baleines de l’autre jour, une des demoiselles m’a demandé de la prendre en photo. Je suis rentré dans ma chambre chercher l’appareil dans mon sac. Quand je me suis retourné, la demoiselle était en tenue d’Ève, étendue de tout son long sur mon lit.
Elle est revenue le lendemain matin avec une copine et elles se sont invitées d’office pour m’accompagner à l’île aux Nattes, un endroit qui donne l’impression de pénétrer dans une carte postale. 


Elles m’ont emmené de l’autre côté de l’île, sur une petite plage déserte, tellement déserte qu’elles se sont rapidement dénudées. Les seuls occupants des lieux se limitant à une bande de lémuriens, que l’on nomme, ici comme à Mayotte et sur la côte swahilie, des makis. Nous avons passé une journée superbe. Suite aux deux premières soirées, Gégé et ses copains m’ont de nouveau invité à sortir avec eux. J’ai préféré décliner l’invitation. That’s all I had to say about that.












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