Friday, August 10, 2012

Il était une fois un oiseau...



Cette histoire commence par celle d’un oiseau du nom de Solitaire. Lui et ses congénères peuplaient Rodrigues par milliers — tout comme les tortues — à l’arrivée de François Leguat à la fin du XVIIe siècle : « Ils ne volent point. Ils sont extraordinairement gras et le goût en est excellent. On trouve des mâles qui pèsent jusqu’à 45 livres. La femelle est d’une beauté admirable ; il y en a des blondes et des brunes. Sitôt qu’ils sont arrêtés, ils jettent des larmes sans crier et refusent opiniâtrement toute sorte de nourriture, jusqu’à ce qu’ils meurent. » Incapable de voler, le solitaire connut le même sort que son cousin le dodo à Maurice : exterminé jusqu’au dernier au même titre que les tortues.

Les oiseaux que je suis allé voir sur l’île aux Cocos sont par contre bien vivants et nichent par milliers sur cette île minuscule. Pour se rendre dans cette réserve naturelle de 1,5 km de longueur sur 200 m de largeur, il faut plus d’une heure trente pour traverser le lagon, deux fois plus étendu que l’île, qui fait moins d’un mètre de profondeur. De fin mai à fin septembre, de nombreux oiseaux marins viennent y pondre. L’unique sentier traverse l’île si près des nids qu’on a droit aux frôlements des ailes des vols en rase-mottes d’oiseaux mécontents d’être dérangés par les bipèdes.

Tour en moto (en jaune) - Le lagon en bleu turquoise
La veille, j’avais loué une moto pour explorer l’intérieur et les pourtours de l’île. Malgré sa faible superficie de dix-huit kilomètres de long sur huit de large, Rodrigues offre des paysages assez variés, verts et vallonnés dans le centre, secs, sauvages et désolés sur la côte. On traverse des petits villages endormis et des lieux-dits aux noms évocateurs laissés là par les premiers colons français et semblables à ceux qu’on retrouve à La Réunion, à Maurice, dans les Antilles ou au Québec : Grand la Fourche, Jardin Mamzelle, Petit Gravier, Quatre Vents, Roche Bon Dieu, Montagne Tonnerre.

Ce qui est visible de tous les coins de l’île, c’est son lagon aux eaux turquoise qui s’étend sur environ 200 km2. Il m’a fallu à peine cinq minutes, depuis la route qui traverse l’île, pour atteindre le sommet du mont Limon, le point le plus élevé de l’île qui culmine à 400 mètres. Il faut prendre ses précautions lorsqu’on loue un véhicule à Rodrigues. Il n’existe qu’une seule station-service située à Port Mathurin et, comme tous les commerces, elle ferme de très bonnes heures.








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