Je suis
content d’être arrivé à Rodrigues. Les choses ne se passaient pas comme je le
souhaitais à Mada et j’ai préféré changer de paysage. La décision s’est prise
rapidement. La disparition de l’iPhone a été la goutte d’eau qui a fait
déborder le vase.
Le
lendemain matin, en sortant de l’hôtel, j'ai remarqué que les bureaux de la Mauritius Shipping Corp. Ltd,
propriétaire du bateau que je devais reprendre pour retourner à La Réunion dans
deux semaines, étaient situés juste en face. J’y suis passé à tout hasard pour
savoir si ce bateau n’effectuerait pas une autre rotation avant cette date. Chance
extraordinaire ou indication salutaire, le bateau était arrivé la veille et
repartait en direction de La Réunion et de Maurice le soir même. J’ai modifié
ma date de retour pour rembarquer dans l’après-midi. Je voulais oublier Mada rapidement
et je me suis donc payé le luxe de m’offrir une cabine de luxe.
Trente-six
heures plus tard, j’étais à La Réunion. J’ai eu juste le temps de récupérer le
billet aller-retour pour Maurice, passer dans une librairie pour acheter deux
guides touristiques, puis à la banque retirer de l’argent et finalement prendre
une bière avant d’embarquer de nouveau sur le Trochetia. Nous avons levé l’ancre au coucher du soleil.
Le passage à
Maurice fut tout aussi rapide. À peine débarqué en matinée, j’ai loué un taxi
pour une heure. Il pleuvait et l’humidité était tout aussi moite et colante qu’à
Tamatave. Je suis allé au bureau d’Air
Mauritius pour voir s’il restait de la place sur un des trois vols
quotidiens pour Rodrigues. Le premier venait de décoller et les deux autres étaient
complets ainsi que tous les vols pour les deux prochains jours. J’ai quand même
réservé un billet pour le lundi suivant, mais sans le payer. C’était samedi, et
j’avais jusqu’à la fermeture des bureaux à midi pour l’acheter, faute de quoi
la réservation serait annulée.
J’ai repris
le taxi pour les bureaux de la Mauritius
Shipping Corp. Ltd pour voir si un de leurs deux autres bateaux ne
partirait pas plus tôt. La pluie avait redoublé d’intensité. La saison
cyclonique n’était plus très loin. Le Mauritius
Pride partait en soirée, mais plus de cabines, seulement des sièges. Passé trente-six
heures sans dormir ne m’enchantait pas plus que ça.
Retour à Air Mauritius pour acheter le billet et
là, nouveau coup de chance, une place venait d’être annulée sur le prochain
vol. Je suis passé au Mac Do faire de la monnaie afin de payer le taxi et manger
un morceau et j’ai pris un bus pour traverser l’île de part en part jusqu’à
l’aéroport pour prendre mon avion. Il faisait nuit quand nous avons atterri à
Rodrigues.





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