
C’est de nouveau parti. Et c’est parti pour une croisière de deux
semaines. C’est une première. J’ai souvent voyagé en bateau, mais je n’avais
encore jamais réalisé de croisière. Je ne sais pas à quoi m’attendre. L’idée
que je me fais des croisières n’est pas des plus positive. Je garde en tête cette
image de la série américaine
The Love Boat (« La croisière s’amuse »
en français), une série un peu loufoque des années quatre-vingt mettant en
scène des retraités américains en mal d’aventures et d’amour dans l’océan
Pacifique.
J’ai embarqué à Maurice. Je me suis levé à deux heures du matin pour
faire les bagages. C’est Jacqueline avec qui je cohabite depuis peu qui m’a
emmené à l’aéroport vers cinq heures. En arrivant à Maurice, je suis tombé sur des
représentants de la croisière. Une navette était mise à la disposition des
voyageurs en provenance d’Asie, d’Europe et d’ailleurs, une navette pour
traverser l’île jusqu’au port d’embarquement à Port-Louis.
J’avais toute la journée pour embarquer. J’ai préféré prendre un bus
local. J’adore les bus mauriciens, d’antiques tacots indiens poussifs qui
dégagent d’épaisses fumées noires avec un chauffeur enfermé dans une cabine
vitrée et un vendeur de tickets à 80 centimes le trajet. Il m’a fallu
changer de bus à Curepipe pour effectuer, au ralenti en un plus de deux heures,
cette traversée de l’île d’une centaine de kilomètres. Mais ça permet d’éviter
l’autoroute, de passer par de nombreux villages mauriciens et de se plonger
dans l’ambiance locale. J’ai profité du changement de bus à Curepipe pour
m’acheter un dal puri.
J’en ai mangé deux autres après être arrivé à Port-Louis que j’ai accompagnés
d’une bière Phénix. L’imposant Costa Mediterranea était sagement amarré au quai
en face du Waterfront. J’ai rejoint le navire à pied en début d’après-midi pour
embarquer à bord. Ce fut très rapide. J’ai néanmoins eu la désagréable surprise
de me faire confisquer mon passeport avant de monter à bord. Il doit m’être
restitué au retour à Maurice. Je n’aime pas me séparer de mon passeport quand
je voyage.
Mon sac que j’avais laissé à quai avant de monter à bord m’a été apporté
dans ma cabine un peu plus tard. Cette cabine n’a rien à envier aux chambres
des hôtels mauriciens quatre étoiles ; avec toutefois la vue en moins. J’ai à
peine eu le temps de défaire mes bagages et de prendre mes repères à bord que
tous les passagers ont été appelés pour un exercice d’évacuation du navire. Il
est préférable que nous n’ayons pas à le faire réellement. Le personnel ne
possède que quelques rudiments d’organisation de sauvetage et l’exercice était
un tant soit peu improvisé.
Je suis encore pas mal perdu sur ce navire doté de dix ponts. Je passe beaucoup
de temps à arpenter des couloirs sans fin bordés de portes de cabines toutes
semblables les unes aux autres. En plus de trois cages d’escaliers disposés à
l’avant, à l’arrière et au milieu, des ascenseurs permettent de rejoindre les
ponts inférieurs et supérieurs. Plusieurs restaurants sont installés aux ponts 2
et 9 et servent un large éventail de cuisines internationales. En soirée, j’ai
dîné au Degli Argentieri. La nourriture y est excellente.
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