La nuit
dernière fut semblable à celle de la veille, et je n’ai quasiment pas dormi.
Mêmes symptômes, mêmes effets. La fièvre ne baisse pas et le mal de tête
empire. Il est accentué par de violentes quintes de toux à répétition.
Après avoir
accosté dans le port de Tamatave, je me suis décidé à descendre à l’infirmerie.
Il ne fait aucun doute que je n’aurais pas trouvé un centre de santé aussi bien
équipé en ville : une salle d’attente et deux salles de consultations avec
un infirmier et deux médecins. Tous italiens.
La
consultation fut rapide. Après avoir pris ma température et ma tension, le
médecin m’a ausculté le fond de la gorge et utilisé son stéthoscope pour s’assurer
de l’état de mes poumons. Il m’a remis une boîte de Paracétamol et
d’antibiotiques. Je ne suis pas sûr que les antibiotiques sont nécessaires.
L’infirmier
m’a donné une copie de la consultation : 80,56 € pour une visite d’à peine cinq minutes. Si j’avais su le coût de cette
visite avant d’embarquer, je pense que je ne serais pas tombé malade.
Je n’avais
pas la force de descendre à terre. Je m’étais pourtant promis d’aller boire un
verre au Joffre et de manger un steak de zébu. Je connais la ville. J’y suis
venu plusieurs fois et à au moins deux reprises en bateau à l’époque ou un
bateau, le Mauritius Trochetia, faisait encore la liaison entre Maurice et
Tamatave via La Réunion.
Tout comme
hier, j’ai donc passé toute la journée alitée. Je me suis néanmoins déplacé en
fin d’après-midi pour assister à la séance d’information sur les formalités du
débarquement à La Réunion et Maurice. Ça m’a permis d’en apprendre un peu plus
sur ce navire.
Ce navire a
été inauguré à Gênes en 2003. Il mesure près de 300 mètres de long pour 35
mètres de large et 50 mètres de haut. Il comprend 16 ponts, et est équipé de 1057
cabines pour 2700 passagers et 880 membres d’équipage. C’est sa dernière
saison. Au mois de mars, il embarquera des passagers pour une croisière jusqu’à
Venise. Ensuite, il sera décommissionné et revendu à des intérêts chinois.
Costa était
originellement italien, mais a été revendu à une entreprise américaine. Le
marché des croisières est un marché en pleine expansion. Un nouveau navire
Costa a été lancé le mois dernier et un tout nouveau propulsé au gaz sera lancé
le mois prochain avec une capacité de 6000 passagers. Les Chinois ont flairé le
potentiel de ce marché et s’y lancent à leur tour. C’est une bonne nouvelle
pour les touristes. Les prix risquent d’être revus à la baisse.
Pour en
revenir à l’équipage, il comprend 40 nationalités différentes. La majorité du
personnel provient des Philippines. Ils sont plus de 300. Viennent ensuite les
Indiens qui sont 150, puis les Indonésiens avec une centaine de membres. C’est
à peu près le même nombre pour les Italiens, mais eux sont presque tous des
officiers ou responsables de services. Tous les continents sont représentés,
sauf l’Amérique du Nord à l’exception du Mexique. Les Chinois ne sont qu’au
nombre de trois, un de moins que les Français, avec, parmi ces derniers, le
maître d’hôtel, le conférencier et deux hôtesses. En ce qui concerne les
femmes, elles ne représentent que 17 % de l’équipage. Mais comme le
prétend une des hôtesses françaises, ce n’est pas la quantité qui compte. On se
console comme on peut.
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